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15 mars 2016 2 15 /03 /mars /2016 16:09
La rampe rouge - Rondes de Claude Sylvie Ulrik

La rampe rouge – Rondes de Claude Sylvie Ulrik fait partie de ces rares livres qui procurent un bel étonnement. Difficile de quitter la lecture de ce récit. Envie de la retrouver très vite.

C’est un ouvrage singulier, original et magnifiquement écrit, soutenu par une histoire qui se passe à l’île d’Ouessant où a vécu Astrid, figure centrale du livre. Son fils Etienne vient de mourir prématurément.

L’épouse de ce dernier ouvre le carnet qu’a tenu sa belle-mère de son vivant.

Peu à peu, nous cheminons alors vers le douloureux secret des origines d’Astrid. Plusieurs voix se font entendre. Le récit n’est pas linéaire. Sa construction très particulière immerge le lecteur dans les méandres de la souffrance et des questionnements d’Astrid. Nous sommes emportés dans des rondes poétiques, et nous avançons au rythme des voix qui se mêlent, celle d’Astrid, celle de sa belle-fille, celle de l’auteure qui s’interroge sur l’importance de l’écriture pour elle-même.

Une véritable pépite. Bravo !

Titre : La rampe rouge – Rondes

Auteur : Claude Sylvie Ulrik

Editeur : Unicité

Prix : 18€

Coup de cœur de Michèle

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10 mars 2016 4 10 /03 /mars /2016 08:43
En la forêt de longue attente De Hella S. Haasse

Avec la minutie d’une tapisserie et la délicatesse d’une enluminure, ce roman nous retrace la vie de Charles d’Orléans (1394 – 1465). Du jour de son baptême à son dernier souffle, nous suivons l’évolution d’un enfant sage, discret devenu un adolescent rêveur et peu porté sur les armes. Pourtant , en pleine guerre de Cent ans, alors que ne cessent de s’affronter les Bourguignons et le futur clan des Armagnacs, alors qu’il a juré à sa mère de venger le meurtre de son père, il va lui falloir surmonter son aversion. La bataille d’Azincourt le livrera aux Anglais qui le retiendront prisonnier pendant vingt-cinq ans. On assiste aussi à la naissance d’un poète qui a chanté d’une plume presque légère les thèmes banals et graves de la vie : le retour du printemps, l’amour, la nostalgie, la mort.

Ce superbe roman plaira aux amateurs d’Histoire, de poésie et à tous ceux qui « en la forêt de longue attente » aiment faire des détours par de beaux livres.

Titre : En la forêt de Longue Attente

Auteur : Hella S.Haasse

Editeur : Points

Prix : 8,60 euros

Coup de coeur de Cécile

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20 février 2016 6 20 /02 /février /2016 11:23
Paris est une fête d'Ernest Hemingway

Paris est une fête, est un hymne à la vie, à l'amitié, à la création et un magnifique hommage rendu à Paris.

Un tourbillon joyeux et mélancolique de souvenirs dans le Paris des années 20, où malgré la pauvreté, le jeune Hemingway et sa première épouse ont été follement amoureux et heureux de vivre.
L'écrivain commença à rédiger ses " vignettes parisiennes " (titre original de l'ouvrage) pendant l'été 1957, mais l'introduction nous apprend que le livre, maintes fois remanié par les éditeurs, ne parut qu'en 1964, trois ans après le suicide de l'écrivain. Fort heureusement, le texte est maintenant réédité dans sa version d'origine, introduit par Sean Hemingway, son petit-fils.

Largement autobiographique comme le dit lui-même Hemingway en introduction :
" Cet ouvrage contient des matériaux tirés des remises de ma mémoire et de mon cœur. Même si l'on a trafiqué la première, et si le second n'est plus. "
C'est en cela que l'œuvre prend toute sa valeur. On ne croise pas tous les jours Gertrude Stein, Scott Fitzgerald, Ezra Pound, James Joyce... que l'auteur ressuscite pour son lecteur de façon très vivante avec des anecdotes souvent savoureuses.
Hemingway nous livre ici par touches des éléments de sa méthode de travail en cours d'élaboration, et ça, c'est aussi tout à fait passionnant.
Ode à l'amour, l'amitié, l'inspiration artistique, le talent sans oublier une vue panoramique somptueuse sur Paris !

Titre : Paris est une fête

Auteur : Ernest Hemingway

Editeur : Gallimard, Folio

Prix : 8,20€

Sélection de Yannick

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19 février 2016 5 19 /02 /février /2016 11:08
Kannjawou de Lyonel Trouillot

L’histoire se passe à Haïti, pays marqué par l’occupation militaro-humanitaire, sous le contrôle de la communauté internationale. Les rapports sociaux y sont violents entre les riches et les pauvres.

L’auteur, Lyonel Trouillot raconte l’histoire de cinq jeunes et de leur quartier misérable, celui de la rue de l’enterrement proche du grand cimetière à Port-au-Prince.

Ces jeunes gens, Wodné, Joëlle et Sophonie, Popol et le narrateur, vont rentrer dans l’âge adulte et rêvent difficilement d’avenir dans ce quartier.

Ainsi Wodné rêve de révolution, Popol veut apporter la culture aux enfants pauvres de la rue de l’enterrement, le narrateur veut écrire, Joëlle et Sophonie voudraient poursuivre des études.

Deux personnages importants marquent le quartier : celui qu’on appelle le petit professeur qui représente l’importance de l’enseignement et de la culture pour sauver de la misère… Man Jeanne, doyenne, qui garantit les règles élémentaires d’humanité.

Mais il y a les occupants, nantis et représentants des ONG planétaires. Ils vont tous les soirs s’encanailler au Kannjawou, bar dont le nom signifie fête, partage.

Peut-on rêver d’une fête partagée dans un pays occupé où règnent les inégalités, les violences et les jeux de pouvoir ?

Titre : Kannjawou

Auteur : Lyonel Trouillot

Edite€ur : Actes sud

Prix : 18€

Sélection de Michèle

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18 février 2016 4 18 /02 /février /2016 11:59
Y revenir de Dominique Ané

Y revenir est un récit dans lequel Dominique ANÉ sonde la relation qu’il entretient avec sa ville natale : Provins (Seine-et-Marne), où il a vécu son enfance et son adolescence.

Il tente de comprendre pourquoi ce lieu, par-delà les années, ne cesse de le hanter tout en le confrontant à un sentiment double : attirance et répulsion pour la ville fortifiée, « imbue de son passé », « cernée de champs de betteraves », d’où suintent l’ennui et une sensation de bout du monde. Comme l’écrit Dominique ANÉ, « la plaine désole et isole », mais elle est peut-être à l’origine de la mélancolie qui fait le style si particulier de ses chansons et de son univers musical.
Le récit, une succession de sensations, d’images, de portraits, de faits qui ont marqué l’enfant et l’adolescent, révèle l’intégration difficile d’une famille communiste venue des montagnes de l’Ariège et l’expérience de l’enfant unique confronté à sa fragilité et à la singularité du monde qui est le sien. C’est avec l’apprentissage du chant, de la voix et de la musique que l’adolescent va trouver sa place et exister enfin, loin de toutes les peurs. Puis la rencontre avec Vincent, l’ami par qui tout arrive, et la création de son premier groupe vont décider de l’avenir du jeune Dominique.
Y revenir, c’est un voyage accompli à rebours, c’est ausculter, plus de vingt ans après, les lieux, les êtres rencontrés, les sentiments éprouvés, une ville à laquelle le musicien a consacré deux chansons, Rue des marais et Les terres brunes. Pour dénouer le fil, il fallait un vrai retour à Provins. Ce livre est aussi le récit d’un concert donné en mars 2011 au pied des remparts et qui réserva à l’auteur d’étranges surprises et quelques révélations, confirmant que la mémoire et le lien à l’enfance sont l’endroit de curieux paradoxes.

Un récit autobiographique, dans lequel on retrouve la voix, la langue, et le style si particulier de Dominique Ané.

Né en 1968 à Provins, Dominique ANÉ est connu sous son nom de chanteur : Dominique A. Il est l’auteur d’une dizaine d’albums dont La Fossette qui donna, en 1992, un son et un souffle nouveaux à la scène française.

Titre : Y revenir

Auteur : Dominqie Ané

Editeurs : Stock, 12,50€

ou Points, 4,90€

Sélection de Yannick

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17 février 2016 3 17 /02 /février /2016 11:54
La harpe de Birmanie de Michuo Takeyama

La Harpe de Birmane de Michuo Takeyama est un roman paru en 1947, traduit du japonais. Il raconte une belle histoire, celle d’une compagnie de soldats japonais prisonniers des Anglais à la fin de la deuxième guerre mondiale. Ces hommes parviennent à résister aux dures conditions de leur détention grâce à une arme bien spéciale : l’art du chant choral accompagné par le son d’une harpe. Le caporal qui joue avec une grande virtuosité de cet étonnant instrument est le héros principal de cette histoire. Il s’est chargé d’une mission dangereuse et nous suivons son cheminement avec beaucoup d’intérêt. Ce récit empreint de pacifisme et d’humanité nous tient en haleine jusqu’au bout. Ces hommes chantent pour leur vie et nous donnent une remarquable leçon d’humanisme.

Titre : La harpe de Birmanie

Auteur : Michuo Takeyama

Editeur : Motifs poche

Prix : 7,10€

Sélection de Sylvette

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12 février 2016 5 12 /02 /février /2016 10:22
Chicago de Alaa El Aswany

L'auteur est Alaa El Aswany, égyptien, vivant au Caire et exerçant la profession de dentiste. Il est également l'auteur de L'immeuble Yacoubian.

L'action se déroule à Chicago (USA), après les attentats du "World Trade Center" de septembre 2001. Elle concerne un groupe d'égyptiens émigrés. Certains y exercent la profession de médecin "hospitalier" depuis assez longtemps et ont épousé des américaines, d'autres sont encore des étudiants, boursiers du gouvernement égyptien, venus pour y entreprendre un cycle de spécialisation médicale ou une thèse de doctorat.

Ce livre parle de leur exil, des difficultés de vivre dans un pays où ils ne possèdent pas de racines, tout en jouissant de conditions matérielles relativement aisées. Partant de l'opposition entre les espérances des étudiants, des exilés et la violence du monde, ce livre constitue une critique politique du régime de l'ex président Moubarak, ainsi qu'une analyse de la société égyptienne au travers du passé de chacun des "exilés".

Sélection de Marie-Claude

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9 février 2016 2 09 /02 /février /2016 17:34
Saison du livre, HIVER : La source d'Anne-Marie Garat

La narratrice de cette très belle histoire (je devrais dire de ces très belles histoires car plusieurs récits s’entremêlent) arrive au Mauduit, village de Franche-Comté déjà désert dans les années 80 où se situe le récit, au prétexte de consulter des archives communales qui devraient être utiles à ses étudiants en Sociologie ; en fait elle n’a pas choisi ce village par hasard mais plutôt poussée par la réminiscence d’un souvenir d’enfance : elle se revoit faisant halte là avec ses parents des années plus tôt et repense au comportement étrange de son père, bouleversé et muet pendant leur étape au Mauduit. L’un des fils du formidable roman qu’Anne-Marie Garat tisse de cette écriture riche et élégante, parfois difficile, (… un dictionnaire à portée de main peut s’avérer utile…) conduira la narratrice à comprendre la tragédie dans laquelle son père a été impliqué.

Nul hotel ouvert dans ce village et la secrétaire de mairie, qui sera un personnage important du récit, indique à la narratrice - dont on ne saura jamais ni le prénom ni le nom - que la vieille Lottie acceptera peut-être de la loger dans son domaine des Ardenne, vaste demeure au bord de laquelle coule la Flane. Après une rencontre improbable, la narratrice et Lottie parviennent à s’apprivoiser et bientôt leurs soirées au coin du feu sont consacrées au long récit de la vie de Lottie. A la fin du XIXème siècle, Lottie est une enfant pauvre placée à faire des travaux de couture chez la modiste du village. Elle aime se promener en sauvageonne et va souvent jusqu’au domaine de la famille Ardenne, domaine alors occupé par la seule Madame Ardenne depuis que son fils est parti. Lors de l’une de ces promenades, Lottie voit un homme approcher du domaine alors inoccupé, avec une enfant dans les bras, enfant qu’il abandonne là après lui avoir donné un biberon. Quelques jours plus tard, Madame Ardenne vient chez la modiste accompagnée de sa bonne, Delphine, et de sa petite fille Anaïs, et prétend que son fils parti en voyage lui a confié cette enfant qui ne cesse de pleurer. Pour choisir les tissus et vêtements destinés à Anaïs, Madame Ardenne confie la petite fille à Lottie et immédiatement Anaïs se calme en suçant le doigt de Lottie. Madame Ardenne va alors véritablement acheter Lottie à sa mère et Lottie s’installe au domaine, qu’elle ne quittera plus, jouant le rôle de nourrice auprès d’Anaïs. Au fil des soirées, Lottie se révèle une incroyable conteuse en livrant le récit poignant de sa vie aux Ardenne, ainsi que le récit des vies de Madame Ardenne, d’Anaïs et de bien d’autres personnages. On lit certaines des pages avec une boule dans la gorge tant la puissance narrative est forte. Quoique Lottie assure elle-même qu’elle ne dit pas nécessairement la vérité, on est forcé de croire au récit qu’elle nous livre, on remonte avec elle à la source de son destin, on suit les méandres de sa vie replacée au cœur de la grande histoire et des guerres, on se promère avec elle jusqu’à la source de la rivière Flane qui devient l’un des « personnages » de ce livre puissant.

Très curieusement, arrivée à la page 314 du récit, je me suis dit : « si j’étais l’auteur, j’arrêterais mon récit ici… » et, de fait, j’ai moins apprécié la dernière partie du livre.

Quoi qu’il en soit, un roman très beau et très prenant.

Sélection de Chantal

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30 janvier 2016 6 30 /01 /janvier /2016 11:18
Chocolat, clown nègre

A l’occasion de la sortie en salle ( le 3 février ) du film Chocolat de Roschdy Zem, qui raconte l’histoire vraie du clown Chocolat, lisez le remarquable essai de l’historien Gérard Noiriel paru en 2012 : Chocolat, clown nègre, l’histoire oubliée du premier artiste noir de la scène française. ( édition Bayard)

Rafaël né esclave en 1868 à Cuba est devenu à Paris un clown universellement célèbre. Il s’est associé en 1894 au clown anglais Footit pour former un duo très drôle. Le duo clown blanc –clown noir est très apprécié dans la France coloniale de la fin du XIXème siècle.

Dans le film, Omar Sy et James Thierrée ( petit-fils de Charlie Chaplin ) incarnent de façon remarquable les deux clowns.

Coup de cœur de Sylvette

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29 janvier 2016 5 29 /01 /janvier /2016 11:06

Si tu veux la Paix

ne prépare pas la guerre,

n'encense pas les armes

ne bénis pas les armes

ni le silence,

ni l'égoïsme

familial

local

national ...

Sois mondial,

... partage.

Jean-Pierre Hanniet, fondateur des ADEX

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