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29 janvier 2014 3 29 /01 /janvier /2014 17:54

   Un-monde-a-part.jpg                                             Ce film est sorti en 1988 lors des derniers soubresauts meurtriers de L'Apartheid. Réalisé par Chris Menges et scénarisé par Shawn Slovo, il a obtenu le Grand Prix du festival de Cannes et le Grand Prix d'interprétation féminine avec Barbara Hershey, Jodhi may, Linda Muusi.
    C'est un réquisitoire parfait contre le régime sud-africain de l'époque.
    L'action se passe en 1963 ; l'Apartheid, mis en place par le parti national en 1948, atteint son plein développement. Le congrès national africain (l'ANC) vient d'opter, après le massacre de Sharpeville qui a fait 69 morts parmi les manifestants noirs contre le passeport intérieur, pour la lutte armée, les attentats contre les intérêts blancs. Une adolescente, Molly-en réalité Shawn Slovo-découvre l'Apartheid : un noir à vélo se fait renverser par une voiture sans que cela n'émeuve les blancs présents...Elle se trouve également impliquée dans la lutte que mènent ses parents journalistes Gus et Diana, en réalité Joe Slovo (dirigeant du SACP, parti communiste sud-africain et seul blanc à la direction de l'ANC) et Ruth First (qui sera assassinée en 1982 par la police du régime au Mozambique).
    Gus, menacé, quitte l'Afrique du Sud et Diana, surveillée activement, est vite arrêtée sous couvert de la loi des 90 jours (loi permettant de détenir quelqu'un au secret sans avocat ni procès) ; pour échapper à la torture et ne pas trahir ses camarades elle fait une tentative de suicide qui échoue et permet sa libération ; mais dès lors elle fait l'objet d'une surveillance de chaque instant.
    L'on voit aussi l'ostracisme dont sont victimes les opposants à l'Apartheid dans la "communauté" blanche : Molly perd toutes ses amies pour qui ses parents sont des traîtres.
    La dernière image du film montre un jeune noir lançant des pierres sur des policiers blancs intervenant brutalement lors des obsèques d'un militant mort sous la torture.
    Un film à voir et revoir tant "le ventre dont est sortie la bête est encore fécond"disait Bertold Brecht ; ce qui n'est pas sans difficulté puisqu'il n'a pas eu de réedition en DVD et qu'on ne le trouve qu'en VHS pas forcément en bon état.
    Serait-ce parce que dire clairement que l'ANC et Nelson Mandela ont utilisé la violence politique, que des militants se réclamant du communisme ont lutté pour la liberté, serait devenu socialement inacceptable après la chute du mur de Berlin et toutes les régressions idéologiques qui ont suivi ?

 

 

Sélection de Pascal




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Published by Graines de mots - dans Nous avons aimé
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