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24 mai 2013 5 24 /05 /mai /2013 21:46

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  Ce traité est intéressant sur deux points. Tout d’abord, par le témoignage de sa pensée dans un contexte situé entre le début de l’industrialisation et la première guerre mondiale et ensuite parce qu’il dévoile la composition et la palette végétale de son jardin qui a attiré de nombreux visiteurs, des paysagistes et jardiniers venus de loin pour le voir.

Cet ouvrage revient en grande partie sur le genius loci (le génie du lieu) cher aux Romains. Un genius loci est un dieu mineur propre à chaque lieu et garant de l’identité dudit lieu. Une négociation avec la divinité est une étape obligatoire avant toute installation dans un site afin de se protéger de son mécontentement. L’auteur regrette à son époque la disparition du sacré, du genius loci des Romains ou des Kamis (divinités de la nature) des japonais et leur non-respect. Comme il le prétend « Il n’y a point de règles dans l’art des jardins, si ce n’est celle du respect du lieu où l’on intervient »

Au-delà de ses considérations sur le jardin, Jorn de Précy livre un témoignage sur son époque et ses évolutions. Campagne défigurée par l’agriculture mécanisée.

Urbanisation du paysage. Début de la prolifération des panneaux publicitaires. Création des parcs nationaux. Aversion pour le progrès technologique : rien de tel à ses yeux que la beauté de la bêche et de la pioche !

 

Revenu de la politique, c’est finalement dans le jardinage qu’il trouve la plénitude, avec ses premiers pas de paysagiste. En qualité d’amateur de jardins ses références sont Hyde Park, Central Park, Boboli à Florence.

Bien avant le « jardin planétaire » de Gilles Clément, il élabore une théorie de « l’homme-jardinier du monde ». Dans un jardin sauvage, il compare alors le jardinier à un « directeur d’orchestre, il dirige la musique secrète du jardin. Comment ? En arrachant les végétaux envahissants devenus dangereux  pour leurs voisins ; en dessinant des allées à l’aide d’une faux à travers les prairies fleuries » D’autres citations de bons sens sont à retenir des préceptes de Jorn de Précy comme « Il faut apprendre l’art de regarder et celui de la patience que nous avons désappris depuis longtemps, mais aussi, et surtout, écouter ».

 

Yannick Lauden

 

Titre : Jardin perdu, 131 pages,

Auteur : Jorn de Précy

Editeur : Actes Sud

Prix : 15 euros

 

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Published by Yannick Lauden - dans Nos sélections
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