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29 janvier 2014 3 29 /01 /janvier /2014 17:46

la-pub-est-declaree-1914-1918.jpg-D-D.jpg    Avec son dernier livre, une nouvelle abondamment et richement illustrée d'affiches publicitaires, Didier Daeninckx participe à la commémoration de la Première Guerre Mondiale : celle-ci est vue à travers l'activité d'une agence publicitaire qui a réellement existé, Siècle Publicité.
    D'emblée, l'une de ses employées se fait expliquer son métier par son patron : "Vendre, tel est le problème parfois difficile à résoudre...qui se présente à l'attention du commerçant...Il n'est plus permis que l'acheteur vienne, il faut aller le chercher là où il se trouve. Parfois il est même nécessaire de créer un acheteur qui n'existait pas hier...lui suggérer des besoins. Inventer le désir : c'est en cela que consiste notre travail, Mademoiselle Bonnier, vous comprenez ? Inventer le désir !"
    Ses premières cibles seront les soldats eux-mêmes qui restent, sous l'uniforme, des consommateurs. Ils se voient proposer tout ce qui permet, si l'on en croit les affiches, d'aller au front confortablement : des masques dernier cri contre les gaz asphyxiants...des montres...Un industriel pousse même le ridicule jusqu'à demander une campagne pour un tissu pare-balle-même en temps de guerre le ridicule ne tue pas.
    Les civils ne sont pas épargnés : l'on met tout en oeuvre pour les convaincre de verser leur or, de souscrire aux emprunts pour financer la guerre...et les profits des industriels.
    La guerre devient un argument de vente elle même : on fait l'article pour un petit-déjeuner nutritif en utilisant l'image de Clémenceau représenté en tigre ; pour vendre des jouets on utilise un Père Noël déguisé en poilu...
    Les campagnes publicitaires naviguent sur le nationalisme le plus débridé avec pour effet de le renforcer : les entreprises doivent prouver que leurs produits sont "made in France", plus encore que ceux de leurs concurrents (Duval accuse Maggi-avec son Kub rouge et or- d'avoir partie liée avec l'Allemagne pour lui prendre des parts sur le marché du bouillon).
    Quand la guerre est finie tout continue : l'on invente et l'on fait la promotion de nouveaux produits : les prothèses en tous genres, le tourisme de guerre qui transforme en argent le besoin des gens d'aller se recueillir sur les lieux où sont morts leurs proches.
    Si ce livre parle du passé il n'est évidemment pas sans évoquer notre société consumériste d'aujourd'hui où l'individu, même avec des revenus très bas, est bien souvent réduit à un simple consommateur.

Editeur : Hoëbeke
ISBN : 9782842304898
Prix : 19,50 euros

 

Coup de coeur de Pascal



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Published by Graines de mots - dans Coups de cœur
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