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8 septembre 2017 5 08 /09 /septembre /2017 15:43

                               L’été est toujours la saison où l’on nous invite à « relire nos classiques ». Pour ma part, j’ai découvert bien tardivement deux classiques : Rebecca de Daphné du Maurier et Les raisins de la colère de J.Steinbeck.Pour l’un comme pour l’autre, je n’avais heureusement pas vu les adaptations cinématographiques.
Pour Rebecca, mon avis a été mitigé au début. On compatit avec la narratrice innocente, naïve, mal adaptée au milieu de son mari Maxime de Winter…Quoi ! Il faudrait que ça avance un peu plus vite, qu’elle se débarrasse de sa gouvernante cassante, lui vantant sans cesse les mérites de la première Mme de Winter ou qu’elle se décide à « donner un coup de pied dans la fourmilière ».Puis tout bascule et toutes les certitudes de la jeune femme ainsi que les nôtres volent en éclats. On se demande sans cesse qui est qui. Quel rôle joue chacun ? Quel secret dissimule-t-il ? Que sait-il ? Sait-il tout ? Et ce sont ces questions posées dans l’huis-clos étouffant de Manderley qui tiennent le lecteur en haleine dans un climat d’angoisse et de surprise permanente.

Les raisins de la colère, ensuite. L’exposition du photographe Walker Evans m’a incitée à en faire la lecture. Ces séries de boutiques, de maisons vues le long des routes des Etats Unis, de portraits de métayers au visage buriné, aux yeux clairs qui nous toisent étaient un appel à se plonger dans cette longue épopée. On y suit la famille Joad, petits fermiers chassés de leur terre par de  gros exploitants agricoles  en route pour la Californie, ce pays de cocagne où les arbres croulent sous leurs fruits et où l’on est sûr de trouver du travail. En chemin  décès, désillusions, solidarité, séparations, misère, ennuis techniques, humiliations, humbles repas les attendent  pour arriver au but où rien de ce qui aura été rêvé ne va se réaliser. A nouveau, ils trouvent la misère, connaissent le chômage puis des payes misérables suffisant à peine à manger. Tous les rouages des grandes exploitations sont mis à nu et dénoncés : spéculation sur le nombre de chômeurs pour faire baisser les salaires, haine des « rouges » allant jusqu’à la suppression du meneur de grève. Là aussi, mon avis a été mitigé au début : trop de dialogue, une mise en train que je jugeais trop lente. Et puis comme une symphonie, tout prend  progressivement de l’ampleur pour aboutir à une fin édifiante. On quitte alors  à regret la famille Joad et surtout  Man la mère, véritable pilier qui rassemble, sauve et aime tout son monde.
C’est un message d’espoir de voir ces misérables malmenés par toutes les humiliations, toutes les tempêtes résister, s’organiser et vivre dans une dignité et une noblesse qu’on leur envie.

 

Rebecca, Daphné du Maurier

Livre de Poche

Prix : 8,30 euros

978-2253067986

 

Les raisins de la colère, John Steinbeck

Gallimard, Folio

Prix : 9,80 euros

978-2070360833

Coup de coeur de Cécile

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Published by Graines de mots - dans Coups de cœur
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