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23 janvier 2017 1 23 /01 /janvier /2017 11:23

Aaliya Saleh dialogue avec son lecteur pour évoquer, de digression en digression, toute sa vie à Beyrouth. Mariée à un homme qu'elle n'aimait pas mais qui lui a laissé la jouissance de leur grand appartement lorsqu'il l' a répudiée, Aaliya a peuplé cet appartement, au fil des ans, des nombreux livres qu'elle a lus et des traductions qu'elles a faites : chaque premier janvier, elle entame la traduction en arabe d'un livre ( les auteurs sont notamment W.G Sebald, Roberto Balano, Fernando Pessoa, toujours des auteurs assez difficiles...). Ses traductions s'entassent dans des cartons sans qu'Aaliya ait jamais cherché à les faire éditer. Aigrie par les épreuves subies, dont la guerre à Beyrouth, elle est devenue plus ou moins misanthrope et se réfugie dans la lecture et la traduction. Elle livre ses relations conflictuelles avec sa mère, son frère et bien d'autres, sa grande amitié pour Hannah et repense aux décennies durant lesquelles elle a tenu une librairie. Désormais , sa raison de vivre est la littérature, et elle refuse le plus souvent l'aide que ses voisins d'immeuble cherchent souvent à lui apporter, animés de l'esprit chaleureux et solidaire qui caractérise de nombreux libanais. Un incident va bouleverser sa vie et l'amener à accepter l'aide de ses voisins et amis... D'une écriture très sensible , Rabih Alameddine livre le très beau portrait d'une femme qui toute sa vie ( elle a 72 ans lors de son récit) a refusé le sort fait à de nombreuses femmes libanaises et s'est réfugiée dans la littérature. Ce livre est aussi un hommage au Liban et à Beyrouth.

Sélection de Chantal-saison du livre-automne 2016 à Saint-Sauveur.

Les vies de papier - Rabih Alameddine- Ed. Les Escales- 20,90 euros.

ISBN 2365692060

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Published by Graines de mots - dans Coups de cœur
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